Les cinquante premières années du Syndicat de la Librairie Ancienne et du Commerce de l’Estampe en Suisse

Hellmut Schumann

Avec la mort de Hellmut Schumann, le cercle des initiateurs se réduisit d'un membre «qui s'était engagé infatigablement et de toutes ses forces pour le syndicat» (comme le relevait déjà le procès-verbal de l’AG de La Neuveville). Ne en 1897, à Stuttgart, H. Schumann s'établit à Zurich en 1929 et acheta la très prestigieuse maison Raustein, à laquelle il donna une réputation et une estime internationales.

Foire Suisse d'Art et d'Antiquités

L'AG de 1965 réunit encore moins de membres que la précédente - exactement 10, comité inclus. Il y fut décidé, «après des discussions longues et animées», de participer à la KAM (au lieu d'organiser, comme il en fut d'abord question, un salon propre au syndicat) avec un stand commun, car «la collaboration aux préparatifs est de nature à faire revivre notre syndicat, à promouvoir l'esprit de collégialité et offre une occasion de nous manifester en tant que syndicat suisse face au public helvétique». Les détails furent discutés quelques semaines plus tard, lors d'une assemblée extraordinaire: fallait-il une exposition commune ou des cabines et des stands individuels, etc.; finalement, 22 membres annoncèrent leur participation.

La ‘Foire suisse d'art et d'antiquités’, communément appelée par son abréviation allemande KAM, fut réalisée pour la première fois par le Syndicat suisse des antiquaires et commerçants d'art (SSACA) à l'Hôtel Bellevue, à Berne; l'idée venait certainement des foires de Londres (Grosvenor House), Delft et Munich (Haus der Kunst). La manifestation, tenue initialement dans un cadre restreint, presque familier, gagna rapidement en importance et en étendue, surtout lorsque, en 1965, la ville de Berne mit à disposition les locaux du Kunstmuseum. Ainsi, le Slaces obtint aussi la possibilité d'y participer car «un des aspects intéressants pour nous résidait dans le fait que nous pouvions nous présenter à un public d'acheteurs d'habitude inabordable aux libraires antiquaires et ne venant pas spontanément chez nous».

Pour l'exposition elle-même, le Slaces disposait de sa propre salle et d'une galerie attenante. Les divers cabines furent placées le long des parois et les quelques vitrines contenant des objets rares au milieu de la salle et dans la galerie. A propos du succès obtenu, nous lisons dans le rapport annuel: «La démonstration publique de notre syndicat s'est déroulée à la satisfaction de tous les participants. Même si, financièrement, certains d'entre eux n'y trouvèrent pas leur compte, tous furent néanmoins satisfaits du succès de notre travail collectif. Depuis longtemps, nous avions à nouveau entrepris quelque chose en commun, digne d'être montré, et qui nous a permis de mieux nous connaitre.» La participation à la KAM fut renouvelée les deux années suivantes, mais avec un enthousiasme moindre et une participation à la baisse (16 membres exposaient en 1966, et seulement 11 en 1967). En 1968, il fut décidé de cesser la participation commune, quelques collègues spécialisés sur les Helvetica continuant toutefois à y exposer individuellement.

Il apparaissait que nous ne convenions pas très bien, avec nos livres anciens et nos gravures de maître, au public (encore dominant à l'époque) de collectionneurs de meubles et d'antiquités. Quelques exposants se souviennent sans doute très bien de ces visiteurs qui, après avoir franchi le seuil de notre salle, jetaient un bref regard étonné autour d'eux, pour rejoindre à grands pas l'autre porte et y disparaitre aussitôt. Par contre, les exposants disposaient enfin de suffisamment de temps pour échanger des idées et discuter métier; ce fut sans doute très intéressant et très enrichissant pour les jeunes (à l'époque) membres d'entendre, par ex., le père Laube expliquer avec sa riche expérience les finesses et les spécificités de ses belles feuilles d'Helvetica.

Mais la durée de la KAM, presque deux semaines, restait le problème numéro un, surtout pour les exposants venant de loin, et ce, malgré toute l'aide réciproque fournie pour la surveillance des stands au fil des longues journées de la semaine. A cet égard, il convient de relever ici que les collègues bernois et leurs collaborateurs fournirent de grands services. A cette époque, les libraires antiquaires discutaient déjà de l'opportunité d'organiser leur propre salon sur une période restreinte à trois ou quatre jours, à l'intérieur ou indépendant de la KAM; cette question reviendra sur le tapis plus tard, après 1982, lorsque les membres du Slaces furent à nouveau plus nombreux à participer à la KAM, tenue désormais à Bâle.

La première présidante du SLACES

En 1969, notre syndicat se donna sa première présidente, en la personne de Madame Eug. Reymond de Neuchâtel, et, durant les quatre années suivantes, on parla davantage français au comité et lors des assemblées. De même, les circulaires, les invitations et les procès-verbaux furent à nouveau envoyés en allemand et en français, comme cela doit se faire pour un syndicat suisse bilingue. En fait, cette pratique avait déjà été négligée auparavant et le sera aussi lors de certaines périodes ultérieures, car elle demande un surplus de travail, mais il convient ici de la rappeler de manière énergique. C'est durant cette même année que l'on tenta de fêter par une réunion particulière le 30eme anniversaire de notre syndicat. Seuls 12 des 34 questionnaires envoyés vinrent en retour et, «devant cet enthousiasme délirant» (c'est ainsi que la présidente qualifia cette réaction), le comité décida d'interrompre toute démarche.

Le Grolier Club en Suisse

1970 vit plus d'activités communes grâce notamment au ‘Grolier Club’, le syndicat exclusif des bibliophiles américains, qui, lors d'un de leurs voyages, passèrent quelques jours en Suisse et logèrent à Berne. A cette occasion, le comite décida d'organiser une exposition de vente à l'Hôtel Bellevue et d'offrir un diner aux visiteurs d'outre-Atlantique. Cette décision donna lieu à de vives discussions lors d'une assemblée extraordinaire («Plat bernois ou pas plat bernois» - cette allusion est éclaircie dans la version française du procès-verbal: «Le ‘Bärnerplatte’ ayant des adversaires déclarés!»); il fallut la remarque laconique de Monsieur Slatkine déclarant que si on voulait dépenser de l'argent pour une telle invitation, «il faut en disposer d'une manière élégante», pour que l'on se mette d'accord de prélever fr. 5'000.- de la caisse du syndicat, la partie excédant cette somme étant à la charge des exposants. L'hôtel fournit une salle, dans laquelle chaque exposant disposait de sa propre table, et quelques vitrines communes pour les pièces les plus précieuses. L'apéritif fut servi dans cette salle et le repas qui suivit fut un élégant diner, avec longue robe et ‘black tie’, apprécié de manière unanime.

«D'une façon générale, les ventes et les contacts ont été une réussite», résuma la présidente dans le rapport annuel suivant.

•  1970 bis 1980

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